Roman historique

Le tournesol suit toujours la lumière du soleil – Martha Hall Kelly

Résumé du titre


La guerre de Sécession fait rage, les Etats de l’Union se battent pour que l’esclavage soit aboli dans l’ensemble des Etats d’Amérique du Nord.

Georgy Woolsey, aboliste convaincue, ne peut rester inactive et décide de s’engager en tant qu’infirmière sur les champs de bataille. Son chemin va croiser celui de Jemma jeune esclave qui rêve de liberté et Anne-May, propriétaire de Jemma et d’une plantation de tabac cultivée par les esclaves.

Mon ressenti


Séduite par Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux (mon avis ici) mais déçue par Un parfum de rose et d’oubli (mon ressenti ici) je me suis laissée tenter par ce dernier tome et découvrir le dernier tome sur la famille Woolsey pendant la guerre de Sécession, Le tournesol suit toujours la lumière du soleil.

C’est une question d’argent, Mary. Ces planteurs ne renonceront jamais à l’esclavage de leur plein gré. Cela ne se fera que par l’élection d’un président qui l’imposera.

Sur le même schéma que les deux tomes précédents, nous suivons 3 jeunes femmes aux parcours différents mais inexorablement liés, où Grande Histoire se mêle à la petite. A travers ses personnages principaux féminins et leurs parcours, Martha Hall Kelly livre une image de l’époque de la Guerre de Sécession.

Ainsi, Georgy Woolsey incarne le combat pour la place des femmes dans la société et dans des évènements comme des guerres, luttant sans merci contre les préjugés des hommes éduqués non. Pourtant, elle participera à l’amélioration de la qualité des soins, de la prise en charge des blessés. C’est le début de l’émancipation féminine.

Le combat de la famille Woolsey contre l’esclavage permet d’intégrer des personnages fictifs comme Jemma, jeune esclave et Anne-May sa propriétaire.

Avec Jemma c’est un regard porté sur l’esclavage, leurs conditions de vie, les maltraitantes quotidiennes et la violence permanente mais aussi l’importance des liens familiaux malgré les séparations suite aux ventes faites par les propriétaires. Avec Jemma on découvre que si l’entraide est présente entre esclaves il existe aussi une jalousie entre esclaves lorsque certains se pensent comme supérieurs à d’autres lorsqu’ils occupent des places plus proches des propriétaires terriens. Jemma est un personnage fort, courageux avec des rêves et des espoirs malgré la mort omniprésente.

La moitié des comptes en banque avaient été engraissés par le commerce avec le Sud.

Dernier personnage et dernier point de vue avec Anne-May, représentant ces propriétaires terriens sûrs de leurs bons droits et de leurs possessions. Si Anne-May est un personnage exécrable, inculte, incapable de se gérer elle-même, qui croit gérer son destin alors qu’elle est elle-même manipulée mais son personnage permet de découvrir des éléments historiques que j’ignorais.

Ainsi, les Etats de l’Union pouvaient s’opposer à l’esclavage dans le Sud car leurs richesses provenaient de la grande présence d’industries tandis que celle du Sud provenait de l’agriculture, des plantations. Pourtant, ces productions agricoles faites par les esclaves étaient consommées par les habitants des Etats du Nord révélant une certaine hypocrisie de leurs parts. Enfin autre élément révélateur de cette période troublée dans les Etats frontaliers, cette dualité parfois présente jusque dans les familles où les hommes pouvaient se retrouver face à face au combat car n’ayant pas choisi le même camp pour des raisons de convictions personnelles ou pour ne pas aller à l’encontre des volontés familiales.

Nous étions dans un Etat frontalier et donc pas les seuls à voir les membres d’une même famille combattre dans des camps opposés.

En se basant sur les archives personnelles de la famille Woolsey, Martha Hall Kelly livre un récit romancé, lumineux mais authentique sur la guerre de Sécession, guerre fratricide. A travers ses trois personnages féminins principaux et leurs points de vue et places dans cette société, elle évoque l’esclavage sans filtre sans tomber dans le lugubre, la violence quotidienne, la place des femmes durant cette période et toutes les contradictions de cette période mais aussi le courage des ceux qui ont lutté et cet espoir qui justifie de continuer à défendre ce en quoi on croit juste.

Si Le tournesol suit toujours la lumière du soleil fut une lecture immersive, intense et extrêmement bien documenté, il ne parviendra pas à détrôner mon immense coup de coeur pour Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux.